Voici l'article qu'a publié la critique d'art parisienne Caroline CANAULT sur son blog Canoline Critiks et qui retrace son regard sur deux de mes séries récentes: la série FLAG ainsi que la série Les Captifs élémentaires...

Ces deux séries seront présentées dans les futures expositions en colaboration avec la galerie d'art parisienne BEAUTE DU MATIN CALME -BDMC, au Village Suisse, en cette  fin mars (vernissage  jeudi 30 mars à la galerie BDMC) et courant avril 2017 aux salon artistiques Art3f de Lyon ou de Metz.

Retrouvez cet article sur le lien du blog de Caroline CANAULT :

http://canolinecritiks.blogspot.fr/2017/03/fabrice-entemeyer-lutte-contre-loubli.html

 

"FABRICE ENTEMEYER LUTTE CONTRE L'OUBLI"

FabEnt, AMERillo Light, série Flag, technique mixte, 50x70 cm, 2016

 

  " Les tableaux de Fabrice Entemeyer ont quelque chose de familier, ils contiennent un lien direct avec notre culture médiatique, notre patrimoine banalisé d’images où la violence des faits divers fait parfois irruption.  « Ma série Flag évoque les attentats d'Orlando, Les captifs élémentaires, celle d’un combat pour la survie. Ces deux séries font dialoguer les matières, les compositions abstraites et les couleurs de concert avec les représentations figuratives des corps nus. »

Ces deux séries distinctes n’ont rien de morbide, partout la vie affleure. L’artiste développe le traitement de sujets dramatiques en se concentrant sur l’existence humaine et la survie. Ce témoignage d’optimisme est d’abord renforcé par une palette jouant des dualités de blancs, de noirs et de couleurs vives.

Les captifs élémentaires se construisent autour des éléments feu, eau, terre, air. Ici, la technique mixte réunit peinture acrylique, collages, dessins au stylo bille sur châssis entoilé de lin.

La série Flag rassemble huit dessins au pastel, au feutre, à la pierre noire, à la peinture vinylique, acrylique et le collage de morceaux d'affiches.

Toutes ces opérations participent à un flou fictionnel avec des cicatrices esthétiques visibles. Ces accidents sont renforcés par l’insertion de panneaux de signalisation évoquant le danger, le risque d’incendie, le risque nucléaire, celui de la noyade, de la tempête, ou de la traversée d’animaux errants… Les collages doucement heurtés soutiennent les compositions qui portent la tension de l’instant. Un sentiment paradoxal de reconnaissance et d’étrangeté scelle dans la composition ces images désacralisées qui révèlent leur potentiel artistique et sensible.

FabEnt, L’eau, série Les captifs élémentaires, technique mixte, 30 x 60 x5 cm, 2017

Par ces interventions plastiques, les figures travesties se révèlent comme emblèmes sociaux et esthétiques. Les corps exhibés, débridés, brûlants, expressionnistes, vindicatifs, constituent les référents des canons contemporains, ultra-bodybuildés de la communauté gay. Cette beauté athlétique n’est pas non plus sans évoquer les proportions parfaites des statues grecques. Les corps de Fabrice Entemeyer expriment la présence d’une certaine violence, peu contenue, débordante. L’affrontement, la superposition, la confrontation et l’explosion du trait soulignent la trace d’un duel ; celui de la résistance, de la course pour la vie. Si les captifs sont présentés mains et pieds liés, les corps de la série Flag apparaissent comme attaqués, percutés par une force coercitive.

Dans cet espace pictural carcéral, l’artiste sonde les possibilités d’échappatoire, les voies de la dissidence, les opportunités d’émancipation de l’homme face aux prescriptions de violence. La fuite des corps, l’ouverture de perspectives, l’espace possible vers la délivrance est soutenu par les mots « Aides, guérison, is there a light ? harmonie, esprit, temps, prudence, l’air… » Autant d’indices qui scandent les toiles et renforcent l’élan narratif des deux séries.

Déposés aux seuils de leur imminente destruction-reconstruction, et de leur éphémère absolu, les âmes de ces sujets musclés se trouvent mises en sursis et s’inscrivent dans le mental du regardeur. Le combat pictural de Fabrice Entemeyer est aussi une lutte contre l’oubli. "

 

Publié le 25 Mars 2017 par http://canolinecritiks.blogspot.fr/